Cher Mr. Boo, les articles de ce blog ne sont compréhensibles que par moi. Je m’en excuse mais tout s’explique. Je vais essayer d’être claire.
Un jour de 96 ma vie a basculé.
Il y a des banlieues dont on parle beaucoup puis il y en a des plus calmes mais non moins tristes. Tristes d’apparence tout au moins. Des barres HLM et quelques maisons prises au piège. Des
bandes de jeunes qui ont déjà été malmenés par la vie alors, entre nous, c’est à la vie à la mort. En tout cas c’est ce que l’on croit parce qu’il faut bien croire en quelque chose.
Caucriauville, banlieue du Havre, 1996.
J’étais connue dans la cité sous le joli pseudo de « miss créneaux ». Quand une centaine de fenêtres vous contemple, il y a forcement quelques paires d’yeux moqueurs.
Miss créneau voulait remplir sa journée d’extraordinaire, d’aventure ; elle se mit alors en route pour la piscine. Tu me diras, c’est bien banal. C’est parce que je n’ai pas mentionné un
détail : Miss Créneau ne savait pas ou était la piscine. Comme MC est une femme, elle demande son chemin.
«Tout droit Mamzelle puis à gauche ».
Elle marche, tourne à gauche.
« Mais où est cette fichue piscine ? ».
MC redemande son chemin à l’autochtone.
"ah mais vous n’y êtes pas du tout, il faut prendre à gauche, puis à droite, là vous passez sous un pont…" (je vous passe les détails car Mr Boo n’aime pas les détails, il pense que c’est féminin
et que ça nuit au discours).
Miss Créneau voulait barboter pas tâtonner ! Elle ne pouvait pas rentrer sans vivre l’aventure ! Elle entra donc dans le supermarché le plus proche. Rien de neuf au rayon laitage. Rayon
bricolage. Tiens un cadre. C’est l’anniversaire de Chuy You bientôt. Je pourrais lui offrir un agrandissement de la photo noir et blanc que j’ai pris d’elle (moultes détails). Miss Créneau repose
le cadre et sent l’aventure pointer son nez.
En effet, une atmosphère étrange règne dans le magasin. Elle se dirige vers les caisses, plus une caissière. Plus une caissière, plus un client et plus de lumière !
Comment ai-je pu juste en regardant un cadre être enfermée dans un supermarché sans entendre les appels, sans être vue, sans me rendre compte qu’on éteignait les lumières.
Cher M.Boo, mes articles sont incompréhensibles car ma vie est incompréhensible. Depuis ce jour de 96, des extraterrestres viennent me chatouiller la plante des pieds si mon style se limpidifie
(le genre de mots qu’ils adorent). Oui Mr Boo, tu l’auras compris, depuis mon enlèvement en 96, mon lectorat est en majorité vert. Des petits hommes verts. D’ailleurs ils n’apparaissent pas dans
les statistiques mais je sais de source sûre que ce blog est le plus lu chez les jeunes extra-terrestres de 123 à 342 ans et demi.
Souvenirs du grenier
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